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Pourquoi les communicants du social méritent plus que des miettes

Invisibles mais indispensables, les communicants du social traduisent les causes en voix, les actions en récits. Ce texte rappelle pourquoi ils méritent bien plus que des miettes… et une place au cœur de l’impact.

Ils racontent les actions, traduisent l’impact en récits, donnent une voix aux bénéficiaires. Et pourtant, les communicants du secteur communautaire peinent à exister dans les budgets. Il est temps de reconnaître leur rôle stratégique.

Jeune femme souriante au téléphone devant un ordinateur, travaillant sur la communication numérique d’un organisme à but non lucratif.
Chargée de communication en action.

Dans le secteur communautaire, les besoins sont nombreux, les ressources limitées. Pourtant, dans l’ombre des travailleurs de première ligne, une autre équipe joue un rôle discret mais crucial.

Trop souvent perçue comme un luxe, la communication n’est que rarement intégrée au cœur des priorités budgétaires. Pourtant, elle est le miroir des actions de terrain, la mémoire des impacts, la voix qui raconte ce que d’autres vivent en silence. Car faire le bien, c’est bien. Le faire savoir, c’est permettre au bien de rayonner, de rallier, de durer.

Les communicants du social

Dans les organismes à but non lucratif, les équipes de communication portent une mission souvent mal comprise. On les associe à des affiches, à des publications sur les réseaux ou à la mise en page d’un rapport annuel. Pourtant, leur rôle va bien au-delà. Les communicant·e·s traduisent des actions concrètes en récits accessibles. Ils donnent une voix à ceux qu’on accompagne, valorisent le travail des équipes, bâtissent la confiance avec les partenaires et rendent l’impact visible. En coulisses, ils sont les relais entre l’interne et l’externe, entre le quotidien souvent complexe de l’intervention… et le regard du public.

Mais leur travail reste largement sous-estimé. Peu visibles dans les organigrammes, ils manquent d’outils, de temps, et parfois simplement de reconnaissance. Et pourtant, ce sont eux qui permettent à un organisme d’exister au-delà de ses murs.

Des budgets serrés

Chaque dollar compte. Les financements – souvent fléchés, normés, conditionnels – imposent des arbitrages difficiles. Les priorités sont dictées par des cahiers de charges précis, pensés en fonction d’objectifs d’intervention, de services directs, de résultats mesurables. Et dans cet écosystème budgétaire contraint, la communication se retrouve reléguée au second plan, parfois même rayée de l’équation.

Sac de budget en baisse analysé à la loupe – symbole du manque de financement en communication dans les OBNL
Un budget scruté à la loupe : pour les communicants du social, chaque sou compte.

Ce n’est pas une question de mauvaise foi. C’est une réalité structurelle. Les lignes budgétaires dédiées à la promotion ou au rayonnement sont rares, ou jugées accessoires. Pourtant, c’est justement la communication qui permet de valoriser le travail accompli, de créer du lien avec la communauté, de mobiliser des bénévoles, de rassurer des partenaires, ou de rallier de nouveaux financements. Sans récit, l’impact s’éteint dans le silence administratif. Et ce silence ne fait pas justice aux équipes ni aux bénéficiaires.

Il est peut-être temps que les bailleurs fédéraux, provinciaux, institutionnels, reconnaissent que faire rayonner un projet, ce n’est pas faire du « marketing ». C’est amplifier sa portée. C’est donner du sens à l’argent investi.

Et si on changeait le brief?

Et si la communication n’était plus considérée comme une dépense, mais comme un investissement social? Et si, dans chaque appel à projets, dans chaque ligne budgétaire, on réservait une part, même modeste, pour donner de l’écho aux actions?

Ce changement de regard commence par une prise de conscience. On ne peut pas parler d’impact, d’innovation ou de mobilisation sans communication. Les organismes communautaires ne manquent pas de matière, ni de récits. Ils manquent d’espace pour les raconter, de temps pour les écrire, et d’outils pour les diffuser.

Reconnaître cette réalité, c’est permettre aux équipes de communication de faire leur travail avec cohérence. C’est aussi un moyen pour les bailleurs d’amplifier la portée de leurs programmes et d’en démontrer la valeur autrement qu’avec des chiffres.

La communication ne se résume pas à une publication Facebook. C’est un acte de présence, de transparence, de lien. Et dans un contexte où les organismes doivent sans cesse justifier leur utilité, se raconter n’est plus un luxe : c’est une condition presque de survie.

Conclusion

Tout est question de priorités. Et si la communication a longtemps été perçue comme un poste secondaire, il devient urgent de la reconnaître pour ce qu’elle est vraiment aujourd’hui : un levier d’impact, de visibilité et de pérennité. Les intervenant·e·s transforment des vies. Les équipes com, elles, racontent ces transformations. Sans elles, le travail reste dans l’ombre. Et l’ombre ne mobilise ni appuis, ni adhésion, ni reconnaissance.

Il ne s’agit pas de tout réinventer, mais simplement de revaloriser ce qui existe déjà. Donner aux communicants les moyens d’agir, c’est offrir à l’ensemble du secteur une voix plus forte, plus claire, plus cohérente.

Parce que faire le bien, c’est bien. Mais le faire savoir, c’est ce qui permet de continuer.