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Musique, langage universel

La musique parle là où les mots échouent.
Sans traduction, sans explication, elle touche, relie et élève.
De toutes les formes d’expression, c’est peut-être la seule qui traverse les frontières… et les cœurs.

Peut-on vraiment tout dire avec des mots? Et si certaines émotions n’étaient faites que pour être ressenties, mais pas pour être expliquées? La musique ne demande ni grammaire, ni dictionnaire. Elle se vit. Et c’est sans doute pour ça qu’elle parle à tout le monde.

Cinq jeunes adultes d’origines diverses rient et jouent de la musique ensemble avec des instruments variés, illustrant la diversité et l’universalité du langage musical.
La musique rassemble et fait tomber les murs pour ne laisser que des sourires et des rythmes en partage.

Il y a des choses que les mots n’arrivent pas toujours à dire. Trop vastes, trop intimes, trop brutes. Et puis, il y a la musique. Elle entre sans frapper, s’installe dans un coin du cœur, fait vibrer ce que l’on croyait figé. Elle peut faire pleurer sans qu’on comprenne pourquoi. Elle fait danser des peuples entiers sans qu’un mot ne soit prononcé. Et si la musique était, depuis toujours, la langue la plus puissante du monde?

La musique, une émotion brute

Il suffit parfois de quelques notes pour sentir son cœur s’emballer. Une mélodie douce et lente peut faire monter les larmes sans prévenir. Un rythme rapide nous arrache un sourire ou nous soulève d’une chaise. La musique n’a pas besoin de sous-titres. Elle s’adresse à une partie de nous que les mots n’atteignent pas toujours.

Là où les mots s’arrêtent, la musique commence.

Heine Heinrich.

Même lorsqu’on ne comprend pas les paroles, on comprend l’intention. On devine la tristesse, la joie, la colère, la nostalgie. Elle nous traverse, elle nous transforme. Et dans ce monde saturé d’informations, c’est peut-être l’un des rares langages qui demande à être simplement ressenti.

Une mémoire collective

La musique accompagne nos vies comme une bande-son invisible. Elle est là pour célébrer les débuts, adoucir les chutes, honorer les adieux. Chaque culture possède ses propres rythmes, ses propres chants, ses propres silences, mais partout, elle sert à raconter, à transmettre, à se souvenir.

Un tambour peut évoquer des ancêtres. Une berceuse, l’écho d’une grand-mère. Une mélodie entendue autrefois devient une capsule temporelle, capable de nous ramener en un instant à un moment, un lieu, une émotion. La musique est une mémoire que l’on porte collectivement, mais qui résonne toujours de manière intime.

Un pont entre les cultures

Ce que les discours divisent, la musique rassemble. Sans effort, elle franchit les océans, traverse les dialectes, efface les accents. Un même morceau peut faire vibrer des cœurs aux quatre coins du monde, sans que personne ne parle la même langue. Et c’est là toute sa force. Elle ne demande pas à être traduite, seulement écoutée et ressentie.

Du Konpa aux musiques traditionnelles africaines, du gospel aux chants sacrés d’Orient, du jazz aux ballades francophones : elle porte chacune une histoire, mais aussi une main tendue vers l’autre. En quelques accords, la musique crée des ponts invisibles entre des mondes parfois opposés.

La musique comme miroir de l’identité

Avant même de parler, on fredonne. Avant même de marcher, on bat le rythme.
Et même avant de naître, on écoute. Dans le ventre de notre mère, c’est au son de son cœur que nous découvrons nos premiers rythmes. La musique est souvent le premier langage que l’on adopte, et parfois celui qu’on garde le plus longtemps. Elle est un reflet de ce que nous sommes, de là d’où l’on vient, et parfois même de ce que l’on aspire à devenir.

Porter une chanson, c’est parfois porter son pays, sa foi, sa colère, ou ses espoirs. Elle dit ce que l’on tait, affirme ce que l’on doute, célèbre ce que l’on chérit. Elle devient un drapeau invisible, un manifeste discret. Pour celles et ceux qui vivent en exil, qui ont migré, qui ont grandi entre deux mondes, la musique est aussi un moyen de ne pas oublier, de rester entier…

Une universalité amplifiée par le numérique

Aujourd’hui, il suffit d’un clic pour entendre un chant soufi, un solo de guitare haïtienne, un morceau de samba brésilien ou un gospel congolais. YouTube, Spotify, Apple music et toutes ces plateformes ont démultiplié la portée de la musique. Au quatrième trimestre de 2024, Spotify a atteint un nombre record de 675 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Ce qui représente environ 16 fois la population du Canada. Si Spotify était un pays, il se classerait même au troisième rang mondial en termes de population, derrière l’Inde (1,45 milliard) et la Chine (1,42 milliard), et devant les États-Unis (345 millions).​

Jamais la musique n’a été aussi accessible, aussi partagée, aussi virale. Et paradoxalement, dans cette immensité numérique, elle continue à créer du lien humain. Une playlist peut rapprocher deux inconnus, une chanson peut devenir un symbole collectif, un rythme peut unir des foules au-delà de l’écran. On aurait pu croire que le numérique déshumaniserait la musique. En réalité, il en a élargi l’écho.

Conclusion

La musique n’a ni visa, ni nationalité, ni traduction nécessaire. Elle s’infiltre, elle enveloppe, elle touche, parfois en douceur, parfois comme un coup de tonnerre. Peu importe le style, elle a cette capacité de faire résonner l’universel en chacun de nous.

Dans ce monde bruyant, où tout va vite et s’explique trop, la musique, elle, ose encore dire sans parler. Et peut-être que c’est là, dans ce silence qu’elle comble, qu’elle révèle le plus notre humanité.

Un chant, mille voix. Une preuve que la musique unit au-delà des frontières.