Berwin Sydney | Anprent Berwin

Quand tout s’écroule, que reste-t-il?

Et si c’était dans la chute que Dieu se révélait le plus? Une lecture pour celles et ceux qui avancent à tâtons, mais choisissent encore de croire.

Il y a des saisons où tout flanche. Et dans ces moments, ce ne sont ni notre intelligence, ni nos appuis humains qui nous relèvent… mais Dieu, dans Sa fidélité, et la puissance de Sa Parole qui restaure, redresse, ranime.

Young man sitting alone outside, reflecting, with his reflection in the glass — symbol of doubt, solitude, and inner questioning.
Face au doute, le silence devient un miroir.

Il arrive que la vie se dérobe sous nos pieds. Pas toujours dans le fracas, mais dans un glissement lent, presque imperceptible. Comme si ce qui semblait solide depuis toujours se fissurait sans bruit. Les repères s’effacent. Les certitudes vacillent. Et l’on se retrouve nu, dépouillé de nos plans, de notre logique, de notre assurance. Il n’y a plus de carte, plus de GPS intérieur, juste un silence pesant…

Ce texte est une traversée. Pas un exposé, ni une leçon. Plutôt une respiration. Une marche dans l’obscurité. Là où seule la lumière de la Parole trace encore un chemin.

Les certitudes humaines

Certains piliers nous semblent inébranlables. Nos compétences. Notre réseau. Nos ressources. Notre santé, parfois. On les chérit comme le mobilier d’une maison bien stable, bien ancrée.
Mais il suffit d’un souffle, d’un imprévu, d’une perte… et c’est la maison entière qui tremble. Avec elle, tout ce qu’on croyait solide.

Soyons honnêtes, nous aimons les certitudes. Elles rassurent, nous donnent l’illusion du contrôle. Et parfois, même notre foi prend la forme d’un plan logique, prévisible, maîtrisé. Mais la foi ne promet pas le confort. Elle est un arrachement à la logique humaine. Un appel à s’abandonner là où rien ne tient… sauf Dieu.

Appuie-toi sur l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta propre intelligence.
Proverbes 3:5

Quand tout s’aligne, on y voit un signe de Dieu.
Quand tout s’écroule, on doute de Sa présence.
Et pourtant, c’est souvent dans l’effondrement de nos certitudes que commence la vraie rencontre.

L’ébranlement

L’ébranlement ne frappe pas toujours comme un orage.
Parfois, il commence doucement.
Une porte qui se ferme.
Un projet qui s’étire, sans issue.
Une fatigue qui s’installe et devient épaisse.
Puis, sans prévenir, le sol se dérobe. Plus rien ne répond. Et même Dieu semble se taire.

Tu regardes autour : les autres avancent, témoignent, rayonnent.
Toi, tu tiens bon. À peine.
Accroché à un fil invisible.
En silence.
En larmes, parfois.

Tu n’oses pas le dire. Tu crains qu’on ne comprenne pas.
Tu n’oses même pas le dire à Dieu. Parce qu’au fond, tu ne veux pas Lui en vouloir.

Quand les fondements sont renversés, que peut faire le juste?
Psaume 11:3

Et c’est exactement ça : les fondements sont ébranlés. Mais si tout s’effondre, ce n’est peut-être pas la fin. C’est peut-être le début. Car Dieu ne restaure pas toujours ce qu’on a bâti.
Il reconstruit, souvent, à partir de ce qu’on croyait perdu.

Le silence et le désert

Après l’ébranlement vient souvent… le désert. Pas le drame. Pas le chaos. Mais quelque chose de plus insidieux, le vide. Plus de bruit. Plus de signes. Plus de réponse. Juste un long silence. C’est là que la foi se redéfinit, se délite. Pas parce qu’on cesse de croire. Mais parce qu’il ne reste plus rien à quoi s’accrocher…

Moïse est passé par ce désert. Élie aussi. Seul, réfugié dans une caverne, vidé de tout. Et c’est là, dans ce néant, qu’il a entendu Dieu. Pas dans le tonnerre. Pas dans le tremblement de terre. Pas dans le feu.
Mais dans un souffle doux et léger. (1 Rois 19:12)
Juste la preuve que Dieu était encore là, même quand tout le reste avait déserté.

Dans ces saisons, ce n’est pas le cri qui sauve.
C’est l’écoute.
Ce n’est pas l’agitation.
C’est l’attente.

Et tu découvres alors que croire, ce n’est pas tout comprendre.

La foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. - Hébreux 11:1

La révélation dans la brèche

Ce n’est pas quand tout va bien qu’on connaît Dieu.
C’est quand tout casse. Quand tout saigne. Quand tout manque.
Ce n’est pas dans les certitudes qu’Il se révèle.
C’est dans la brèche.

Dieu n’a pas dit que tu n’allais pas passer par le feu.
Il a dit qu’Il serait avec toi dans la fournaise. (Daniel 3:25)
Il n’a pas dit que tu éviterais la vallée de l’ombre.
Mais qu’Il marcherait avec toi dans ses replis les plus sombres. (Psaume 23:4)

Et c’est là, justement là, qu’un renversement s’opère. Tu ne Le vois pas encore. Mais tu commences à Le reconnaître. Dans un détail. Dans une paix qui n’a aucun sens.

Comme l’apôtre Paul, tu comprends alors que la force n’est pas l’absence de faiblesse. Mais la place laissée à la grâce dans la faiblesse reconnue.

Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.
2 Corinthiens 12:10

C’est là, dans cette faille, que la foi cesse d’être un concept. Elle devient une révélation.

Ce qu’il reste

Silhouette d’une personne debout face à un lever de soleil sur l’océan, symbolisant l’espérance, la foi retrouvée et un nouveau départ.
Et dans le silence, la lumière revient.

Quand les certitudes tombent, on croit avoir tout perdu.
Mais en réalité, ce qu’on perd, ce sont les illusions.
Les appuis humains. Les forces qu’on croyait acquises.

Et ce qu’il reste… c’est Dieu.

Pas toujours visible.
Souvent silencieux.
Mais immuable. Présent. Fidèle.

Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement.
Hébreux 13:8

Alors oui, les certitudes s’effacent.
Mais Sa Parole demeure.
Et dans le silence, Dieu parle encore.
Dans l’obscurité, Il continue de conduire.
Et au cœur même de la faille… Il bâtit quelque chose de nouveau.